Histoire de la Nouvelle-France pour les nuls
Pour les amoureux du Québec, dont je fais parti, j’ai réalisé une synthèse rapide tirée de mes lectures de différents magazines et des recherches qui en ont découlé.
Commençons par un aperçu des principales dates constituants l’histoire de la Nouvelle-France.

- 1534 — Découverte du Canada par Jacques Cartier.
- 1608 — Fondation de Québec par Samuel de Champlain.
- 1620–1670 — Création des premières villes.
- 1690 — Début de la première guerre intercoloniale
- 1702 — Début de la seconde guerre intercoloniale.
- 1713 — Le Traité d’Utrecht met fin à la seconde guerre intercoloniale
- 1744 — Début de la troisième guerre intercoloniale.
- 1748 — Le traité d’Aix-La-Chapelle, met fin à la troisième guerre intercoloniale.
- 1754 — Début de la dernière guerre intercoloniale.
- 1755 — Mise en œuvre du Grand Dérangement par les britanniques.
- 1760 — Conquête définitive de la Nouvelle-France par l’Angleterre.
- 1763 — Le traité de Paris met fin à la guerre.
Si cette première synthèse vous donne envie d’aller plus loin, je vous invite à lire la suite de cet article. J’espère qu’elle vous donnera envie d’aller au delà des événements relatés dans les prochaines lignes.
La découverte
En 1480, les pêcheurs basques, bretons, normands et anglais organisent des campagnes près de l’actuel Labrador et Terre-Neuve.
Le 24 juin 1497, le navigateur Italien Giovanni Caboto, au service de la couronne d’Angleterre, atteint les rives de l’actuel Terre-Neuve.
En 1508, le marin dieppois, Thomas Aubert se rend jusqu’à l’embouchure du Saint-Laurent. Il capture 7 amérindiens qui sont ramenés en Normandie où ils sont baptisés.
En 1524, mandaté par François 1er, l’explorateur italien Giovanni da Verrazano navigue le long des côtes du continent nord-américain.
Sous le règne de François 1er, en 1534, Jacques Cartier est mandaté par le roi pour 3 expéditions. Il accoste en Gaspésie où il implante une croix.
Le 02 octobre 1535, Jacques Cartier baptise un village iroquois du nom de Mont-Royal, situé à l’emplacement actuel de Montréal.
La colonisation
En 1600, Etablissement d’un premier comptoir à Tadoussac par Pierre de Chauvin. Ce comptoir devient l’épicentre du commerce de la fourrure, la pelleterie.
Le 24 mai 1603, l’explorateur charentais Samuel de Champlain, se rend à Tadoussac pour signer un traité de grande alliance avec les amérindiens locaux, Algonquins, Montagnais et Malécites.
Le 08 novembre 1603 à Fontainebleau, Henry IV nomme Pierre Dugua, seigneur de Mons, lieutenant général de l’Acadie et des autres endroits de la Nouvelle-France.
Le 21 septembre 1605, Samuel de Champlain fonde la première ville coloniale, Port Royal (proche Annapolis Royal), future capitale de l’Acadie, dans l’actuelle Nouvelle-Écosse.
Le 13 mai 1606, Le Parisien Louis Hébert, apothicaire, est le premier colon officiel à s’établir de manière permanente à Port Royal.
Le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain fonde la ville de Québec sur l’emplacement du village iroquois Stadaconé.
Le 29 juillet 1609 défaite des iroquois à la bataille du lac Champlain contre une coalition composée de Français, de Hurons et d’Algonquins.
En juin 1610, Samuel de Champlain, suite à une blessure, forme les interprètes Etienne Brulé et Nicolas Vigneau pour favoriser l’entente avec les premières nations. A cette époque, les jeunes personnes enrôlées pour jouer se rôle d’intermédiaire entre les colons et les autochtones s’appellent des «truchements».
En 1612, création de la Compagnie de Rouen par le Prince de Condé, vice-roi de la Nouvelle France. Cette compagnie gère le commerce des fourrures.
En Mai 1613, Samuel de Champlain lance une exploration de la baie d’Hudson en longeant la rivière des Outaouais.
A partir de 1615, les Récollets et les jésuites débarquent pour évangéliser les premières nations.
Entre 1620 et 1624, Louis XIII demande à Samuel de Champlain que la colonie respecte les mêmes lois qu’en France.
En 1621, Samuel de Champlain crée la Compagnie de Montmorency, du nom du nouveau vice-roi de la colonie.
En 1625, des missionnaires jésuites traversent l’océan et érigent une résidence le long de la rivière Saint-Charles. Ils viennent pour évangéliser la population locale.
Le 29 avril 1627, le Cardinal de Richelieu créé la Compagnie des Cent-Associés dont Samuel de Champlain est membre et actionnaire. La mission est d’exploiter les richesses du territoire et de monopoliser toute transactions commerciales.
Les terres des colons deviennent des seigneuries.
Le 19 juillet 1629, des corsaires de la couronne anglaise assiègent Québec. Samuel de Champlain abandonne la ville aux anglais.
Le 29 mars 1632, Québec redevient français avec le traité de Saint-Germain-En-Laye. En contrepartie, L’Angleterre conserve les les marchandises saisies lors de l’occupation de la cité.
Le 4 juillet 1633, Samuel de Champlain, nommé Commandant de Québec, fonde la Compagnie des Trois-Rivières à l’embouchure de la rivière Saint-Maurice.
Le 4 juillet 1634, Laviolette fonde la ville de Trois-Rivières.
Le 25 décembre 1635, décès de Samuel de Champlain.
En 1639, la communauté évangélique Notre Dame de Montréal créé Ville-Marie qui deviendra Montréal. La communauté souhaitait mettre en place une société basée sur la fusion entre les français et les premières nations pour contrer la montée du protestantisme en Europe.
Le 17 mai 1642, une cinquantaine de français débarquent en Nouvelle-France avec à leur tête, l’officier Paul de Chomedey de Maisonneuve et la religieuse Jeanne Mance. Ils fondent Ville-Marie qui deviendra plus tard Montréal.
Entre 1646 et 1660, les Iroquois attaquent sans répit Hurons et Algonquins alliés des Français.
En 1649, Jean de Brébeuf fut torturé et tué après avoir essayé de réconcilier les Hurons et les Iroquois.
En 1660, début de la construction du Chemin du Roy, une route de 280 km reliant Montréal à Québec.
En 1663, sous le règne de Louis XIV, la Nouvelle-France devient une colonie royale après avoir été géré par les compagnies de traite.
L’organisation politique de la colonie s’appuie sur 3 personnes :
- Le gouverneur
- L’intendant (Jean Talon)
- L’évêque
Le 28 mai 1664, Colbert dissous la Compagnie des Cent-Associés pour la remplacer par la Compagnie des Indes Occidentales. La première ayant échoué dans sa mission de peuplement de la colonie.
Entre 1664 et 1673, 800 jeunes filles, pour la plupart des parisiennes sont envoyées en Nouvelle-France pour accroître la population de la colonie. En 1673, la population est passé de 3 000 à 6 700 âmes selon les chiffres fournis par l’intendant Jean Talon.
En 1665, 1 400 soldats du régiment de Carignan-Salières pour empêcher les invasions iroquoises. En parallèle, 1 200 familles originaires de nombreuses régions, notamment le Perche, le Poitou, la Charente et la Normandie, rejoignent la Nouvelle-France.
En 1667, Colbert, par le biais de la Compagnie des Indes Occidentales, favorise une négociation de paix entre les Iroquois et les tribus indiennes alliées de la France.
Le 2 mai 1670, fondation de la Hudson’s Bay Company par un ancien coureur des bois, Pierre-Esprit Radisson. Cette société britannique détient le monopole commercial de la fourrure et du castor au nord du territoire. les français voient d’un mauvais œil cette concurrence.
Le 16 novembre 1686, Louis XIV et le nouveau roi d’Angleterre, Jacques II, signent un traité de neutralité concernant le continent nord-américain.
Le 05 août 1689, les Iroquois, armés par les Anglais, massacrent une vingtaine de colons lors du massacre de Lachine, un village situé près de Montréal.
Le 16 octobre 1690, premier grand affrontement entre la France et l’Angleterre à Québec. Trente-quatre navires anglais font feu sur la ville défendue par le nouveau gouverneur de la Nouvelle-France, le comte de Frontenac. Les assauts sont repoussés par les français et leurs alliés indiens.
Entre 1696 et 1697, le commandant Pierre Le Moyne d’Iberville prend possession de plusieurs poste anglais dans la baie d’Hudson et sur le littoral de l’actuelle Terre-Neuve. Cette épisode met fin à la première guerre intercoloniale.
Début 18ème siècle — L’Amérique Française est à son apogée. Les frontières dépassent largement le territoire initial et couvrira plus de la moitié du continent nord-américain.
De la baie d’Hudson jusqu’à la Louisiane, en incluant une bonne partie des provinces maritimes actuelles, toute la vallée du Saint-Laurent, le bassin des Grands Lacs et la vallée du Mississippi.
Le 04 août 1701, le gouverneur Louis-Hector de Calière signe le traité de la grande paix de Montréal entre la Nouvelle-France, ses alliés amérindiens et les peuples Iroquois.
Entre 1702 et 1704, débute la période de la seconde guerre intercoloniale.
Des raids français sont organisés sur les bourgades de la colonie anglaise de la Nouvelle-Angleterre.
Le 13 octobre 1710, après un siège de huit jours, les Anglais s’empare de Port-Royal, la capitale de L’Acadie.
Le 13 juillet 1713, le traité d’Utrecht, met fin à la seconde guerre intercoloniale. La Baie d’Hudson, Terre-Neuve et l’Acadie reviennent à l’Angleterre. Ils composent désormais la Nouvelle-Écosse. Seul l’Île du Cap-Breton demeure le dernier bastion français en Acadie. Il est alors rebaptisé L’Île Royale.
Entre 1714 et 1743, la période de paix, favorise l’expédition de l’explorateur Pierre Gautier de la Verendrye. Il se rend jusqu’à Winnipeg. Grâce à cet exploit il reçoit la plus haute distinction militaire de l’époque, La Croix de Saint-Louis.
Entre 1744 et 1745, débute la troisième guerre intercoloniale. Une expédition anglaise débarque sur l’Île Royale pour prendre la ville fortifiée de Louisbourg. Après quarante-sept de siège, la cité capitule.
Le 18 octobre 1748, le traité d’Aix-La-Chapelle, met fin à la troisième guerre intercoloniale. En échange du comptoir de Madras en Inde, l’Angleterre restitue Louisbourg à la France.
En 1754, débute la dernière guerre intercoloniale, appelée la guerre de la conquête.
En 1755, début du Grand Dérangement. Les Acadiens refusant de prêter allégeance à la Couronne Britannique sont déportés vers le sud du continent américain. Entre 1755 et 1763, ce sont entre 12 000 et 16 000 Acadiens qui sont déportés.
Entre 1757 et 1758, le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, mène une campagne de harcèlement contre les postes anglais de la région des grands lacs. Sous le commandement du lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm, les français et leurs alliés amérindiens s’emparent des forts William Henry et Carillon. De leurs côtés, les britanniques s’emparent de la forteresse de Louisbourg.
La chute
Après 3 mois de siège, le général anglais, James Wolfe remporte la bataille des plaines d’Abraham le 13 septembre 1759.
Le 18 septembre 1759, la ville de Québec, défendue par lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm, tombe aux mains des Anglais.
Le 28 Avril 1760, la bataille de Sainte-Foy se conclut par la victoire des Franco-Canadiens, ces derniers montèrent le siège afin de reprendre Québec des mains de l’occupant britannique qui l’avait conquise le 18 septembre 1759 à la suite de la victoire britannique lors de la Bataille des plaines d’Abraham cinq jours plus tôt. Le siège échoue cependant, car l’arrivée de renforts et ravitaillements anglais au cours du mois de mai avantagera les défenseurs et provoquera la seconde retraite des Franco-Canadiens vers Montréal.
Le 08 septembre 1760, Montréal capitule et la France perd sa colonie.
Le 10 février 1763, le traité de Paris met fin à la guerre. la France renonce à toutes ses prétentions sur le territoire. L’ancienne Nouvelle-France devient Province de Québec et se limite à la vallée du fleuve Saint-Laurent. L’ouest appelé Canada passe sous le pavillon britannique.
Le 22 juin 1774, le roi d’Angleterre, George III, ratifie l’Acte de Québec. Cet acte rétablit les lois françaises au Québec et permet aux habitants d’exercer leur foi catholique et de conserver la langue française.
Voici l’épilogue d’un épisode de l’histoire de France qui a permis de tisser des liens profonds avec le Québec, une province du Canada où j’ai aimé vivre. L’écriture de cet article m’a permis d’illustrer des endroits que j’ai visité, de personnaliser les figures historiques dont les noms ornent encore aujourd’hui certains lieux.
Je remercie également mes amis québécois qui m’ont accueilli lors de mon immigration et m’ont permis de mieux comprendre les differences entre nos deux cultures et ont ainsi facilité mon intégration.
NB: Dans ce texte, le genre masculin est utilisé sans aucune discrimination et dans le seul but d’alléger le texte.
Annexes
Liste des gouverneurs de la Nouvelle-France

Liste des intendants de la Nouvelle-France

Références
- Magazine GéoHistoire Nº55 de Février-Mars 2021
- Sources Wikipedia inclus dans l’article
- LECLERC, Jacques «La Nouvelle-France» Québec, CEFAN, Université Laval – https://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/HISTfrQC_s1_Nlle-Fr-intendants.htm
